Collectif Iufm Grenoble Blog


GREVE DU 15/12/09 : Refuser de faire soi-même son malheur et celui des générations futures
11 décembre 2009, 16:03
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Pour demander l’abandon de la réforme de mastérisation, étudiants, enseignants, parents d’élèves, élus et média sont attendus le mardi 15 décembre à l’IUFM de Grenoble dès 8h00 et centre ville de Grenoble dès 16h30 (Place Félix Poulat).

Programme de la journée :

  • 8h-9h : tous à l’IUFM pour débrayer, tracter, bloquer, discuter, boire le café, se réchauffer tant qu’il y a de la lumière…
  • 9h-12h : tous dans l’amphi de l’IUFM pour un joyeux moment démocratique à visée maïeutique ou thérapeutique. Après un rapide point d’infos, et avant la rituelle complainte de l’AG qui se poursuivra à 11 heures, vous êtes tous conviés dès 9h30 pour une conférence libre, gratuite, laïque et unique du Dr Delmas. Que vous soyez simplement intellectuellement curieux, atteints de schizophrénie de conduction ou proche de la névrose expérimentale, cette conférence de psychologie sociale appliquée au contexte actuel vous surprendra : effet cathartique garanti !

Programme détaillé :

  • 9h-9h30 : Point d’informations sur les dernières annonces concernant la mastérisation.
  • 9h30-10h30 : L’effet pervers de la soumission en acte. Petite conférence de contre-manipulation à l’usage des honnêtes gens : de la dissonance cognitive à la théorie de l’engagement, en passant par la soumission à l’autorité ou la résignation acquise [Florian Delmas, Maître de Conférences en psychologie sociale à l’UPMF].
  • 10h30-11h : Débat pour réfléchir, au-delà de nos opinions, aux effets de nos engagements librement consentis dans le travail.
  • 11h-12h : AG suivie d’un vin chaud de Noël.
  • 14h-16h : Ceux qui le souhaitent préparent dans le hall B les pancartes, slogans, tracts, lip-dub, freezing, criée, ronde… pour le rassemblement unitaire de 16h30 centre ville avec nos collègues du primaire et du secondaire.
  • 16h30 : Rassemblement place Félix Poulat pour informer et interpeler la population sur les effets de la mastérisation.

LETTRE OUVERTE AUX FORMATEURS DE L’IUFM

Cher(e) collègue formateur,

La lettre de cadrage transmise par notre Ministre se place sous le signe d’une volonté d’amélioration de la formation professionnelle des professeurs. Or, elle ne dit rien sur la formation existante, l’Iufm n’étant même pas nommé. « Améliorer » reste pour le moment dans la langue française, non encore réformée par M. Luc Chatel, un verbe comparatif qui suppose, pour être compris, la mise en regard de deux propositions, la moins bonne d’un côté, la meilleure de l’autre : ce qui disparaît donc, dans la lettre de cadrage, c’est tout notre travail, comme s’il était bien connu qu’il déméritât si gravement qu’il fût inconvenant de le mentionner.

C’est donc tous nos efforts en cours qui se voient rejetés, sans raisons, sans aucune considération, sans phrases. Il n’y a pas là seulement du mépris, il y a la négation de ce que nous sommes : la question se pose alors de savoir si nous pouvons continuer à faire comme si de rien n’était, et de faire au fond comme si nous n’étions rien.

Tel est pour nous le sens de la journée du 15 décembre. Nous avons à nous prononcer, non pas sur nos options politiques personnelles, mais bel et bien sur la réalité du métier que nous exerçons, ici et maintenant : a-t-il une réalité ou bien le suivi de formation que nous effectuons est-il dépourvu d’efficacité, l’évaluation que nous allons proposer pour chaque stagiaire est-elle parfaitement arbitraire, nulle et non avenue, le salaire que nous percevons pour cette tâche quasiment clandestine est-il comme une escroquerie, un vol délibéré dont les citoyens sont victimes ?

C’est de ces questions que le coup de force de M. Luc Chatel nous contraint de débattre entre nous, mardi, puisque, aussi bien, nous avons jusqu’ici largement discuté, lorsque l’ordre de mission nous parvenait, de la mise en place de telle ou telle réforme : cette obligation supposait que nous avions quelque idée de la formation des maîtres de demain et que cette Idée méritait d’être publiquement réfléchie et argumentée ; comment pourrait-il en être autrement aujourd’hui, avons-nous cessé d’être porteurs d’une exigence pour l’école, et en ce cas, qu’est-ce qui peut justifier notre présence et notre action jusqu’au mois de juin ?

Jean-Pierre Carlet, IUFM de Grenoble, le 11 décembre 2009

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