Collectif Iufm Grenoble Blog


Communiqué du dimanche 29 mars de la Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants : De nouveaux reculs… Mais la réforme est encore là. Nous obtiendrons son retrait !
30 mars 2009, 16:53
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Après avoir concédé, le 20 mars dernier, le maintien des concours dans leur forme actuelle en 2010, M. Darcos et Mme Pécresse viennent d’annoncer que les étudiants titulaires d’une licence pourraient s’inscrire aux formations actuelles PE1, PLC1, etc. à l’IUFM ou en master 1 à l’Université. Par là même, le feu vert est donné aux inscriptions en 1re année dans les IUFM, que 13 d’entre eux avaient déjà ouvertes. Ainsi, en quelques jours, bien que Xavier Darcos ait déclaré qu’il ne serait pas « le ministre de l’hésitation nationale », le gouvernement vient de céder à des demandes auxquelles il était resté sourd jusque-là. Les membres des collectifs locaux d’enseignants-chercheurs, formateurs, stagiaires, étudiants et Biatoss, syndiqués et non syndiqués, sont en droit d’y voir le résultat de leur action et de leur opiniâtreté.
Le gouvernement annonce aussi que la 1re année de formation, pour les étudiants inscrits en IUFM, sera validée comme 1re année de master. Comme l’analysent plusieurs présidents d’université dans une déclaration du 27 mars, derrière ce qui peut apparaître comme une autre concession, le gouvernement cherche en fait à
enclencher de façon irréversible le processus de réforme de la formation dès septembre 2009.

Or sur le fond, son projet reste inchangé, il tourne toujours le dos à l’amélioration de la formation. Au total, les reculs sont donc réels, mais le gouvernement reste déterminé à réaliser sa réforme. C’est pourquoi nous demandons à nouveau le maintien intégral des modèles de formation actuels pour l’année universitaire prochaine et les dates habituelles des concours. Pour les lauréats des concours de 2010, nous exigeons aussi l’accès aux formations actuelles, rémunérées en tant que fonctionnaires stagiaires. L’assemblée unanime des directeurs des départements de Lettres et Sciences Humaines, réunis le 28 mars, invite le gouvernement à convoquer les États Généraux de la formation des enseignants et à organiser la réflexion sur la formation, les concours et le financement des études avec toutes les parties prenantes. La Conférence de Directeurs d’IUFM a formulé la même demande. Nous appuyons totalement cette idée et nous invitons les présidents d’université à se concerter pour engager dès maintenant ce processus démocratique de
façon décentralisée, dans les UFR et les IUFM, puis au niveau académique. Nous appelons les collectifs à se donner les moyens d’informer les personnels, les stagiaires et les étudiants.
Il s’agit de mesurer ensemble, exactement, la réalité des reculs obtenus.

Nous les appelons à renforcer leur action pour obtenir le retrait de la réforme actuelle et la convocation des États Généraux.

  • Organisons partout, le 31 mars, des cérémonies de non-remise des maquettes : pas une seule maquette de master ne doit arriver chez Mme Pécresse, ni le 31 mars, ni après !
  • Participons activement à la journée nationale du 2 avril : 1 000 manifs pour l’éducation.La coordination nationale formation des enseignants tiendra sa 3e réunion samedi 4 avril à Paris.

Cette réforme c’est toujours…
• La disparition de l’année de formation en alternance rémunérée après le concours, remplacée par une année dite de « stage » où le débutant assumerait 2/3 du temps de classe (aujourd’hui, PE = 1/3 ; PLC = 45 %).
• En lieu et place de cette année essentielle pour la professionnalisation, des stages facultatifs au cours du master, limités à 108 heures par an, et en nombre insuffisant pour assurer des conditions de formation égales : 50 000 stages sont prévus pour 140 000 candidats inscrits aux concours habituellement !
• Une année M2 qui serait un ingérable fourre-tout : préparation du concours, autres enseignements, réalisation du mémoire de recherche, stage en responsabilité… en plus d’un « boulot » pour 1 étudiant sur 2.
• Le risque de constituer un corps de précaires avec les reçus au master professionnel et collés au concours (ou admissibles seulement).
• Des épreuves de concours hybrides qui ne garantissent pas la maîtrise des connaissances disciplinaires…
• La concurrence entre universités, les inégalités territoriales, la braderie des personnels des IUFM, de leurs savoir-faire dans la formation, la disparition de certains sites dans les départements ruraux, l’étouffement de la recherche didactique et pédagogique, etc.

Nous avons agi depuis des mois contre cette réforme. Nous apprécions nos premiers succès, mais nous ne nous laisserons pas étourdir par le chant des sirènes : ce recul ne peut pas nous suffire ! Nous obtiendrons le retrait de la réforme et la convocation d’États Généraux !

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